:
: : :

Ce n'est pas parce que je suis paranoïaque qu'ils ne sont pas tous après moi.

:
: : : Pierre Desproges : : :

Facebook - Jean-Francis Cheriez

 

: : : Les imbéciles pensent que tous les noirs se ressemblent.
Je connais un noir qui trouve, lui, que tous les imbéciles se ressemblent. : : :
: : : Philippe Geluck

 :

Heloise

Je n’avais aucune idée des choses, que tous les sentiments
m’étaient déjà connus.Je n’avais rien conçu, j’avais tout senti.
Ces émotions confuses, que j’éprouvais coup sur coup,
n’altéraient point la raison que je n’avais pas encore ;
mais elles m’en formèrent une d’une autre trempe, et me donnèrent
de la vie humaine des notions bizarres et romanesques,
dont l’expérience et la réflexion n’ont jamais bien pu me guérir.
J. J. Rousseau, Les confessions

 

Hermione

 

: : : Et comme dans ce jeu où les Japonais s’amusent à tremper dans un bol
de porcelaine rempli d’eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui,
à peine y sont-ils plongés s’étirent, se contournent, se colorent, se différencient,
deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables,
de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann,
et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis
et l’église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité,
est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé  : : :

 

Lettre de Felix Cheriez avant son  embarquement à bord du Montreal le 23 mars 1917

23 mars 1917, Félix Cheriez écrit à Andrée Lajat.

Andrée deroo

Le Montreal (1905-1917) de la Compagnie Générale Transatlantique

Carte postale : Le Montreal.
Le Montreal, 3764 tonnes (capitaine Arqué).
Attaqué par un sous-marin allemand le 24 mars à 21 heures, dans le golfe de Biscaye.
Le navire est torpillé sans avertissement ; il avait 95 hommes, équipage et passagers.
Il y eut 19 morts ou disparus, dont 5 passagers.
Félix était parmi les victimes.

 

: : : Mais quand même je ne connaitrais pas la nature des éléments
j'oserais assurer à la simple vue du ciel et de la nature entière,
qu'un tout aussi défectueux n'est point l'ouvrage de la divinité. : : :
: : : De rerum natura de Lucrèce

The Cleveland skyline from down by the boat pier

The Cleveland skyline from down by the boat pier - 1930

 

L'éléphant Würsa par Daniel Firman, Palais de Tokio

L'éléphant Würsa par Daniel Firman, Palais de Tokio

:

: : : Sur la terre, jusque là commune à tous aussi bien que l'air ou la lumière du soleil,
l’arpenteur défiant traça de longs sillons pour limiter les champs.
L'homme ne se contenta plus de demander à la terre féconde les moissons et
les aliments qu'elle lui devait, mais il pénétra jusque dans ses entrailles ;
il en arracha ce qu'elle y avait caché, ce qu'elle avait relégué près des ombres du Styx,
les trésors qui provoquent nos malheurs. : : :
: : : Les métamorphoses de Ovide

Bob le crocodile

:  
Cependant sur le dos de la plaine liquide
S’élève à gros bouillons une montagne humide.
L’onde approche, se brise, et vomit à nos yeux,
Parmi des flots d’écume un monstre furieux
Son front large est armé de cornes menaçantes,
Tout son corps est couvert d’écailles jaunissantes.
Indomptable taureau, dragon impétueux,
Sa croupe se recourbe en replis tortueux.
: : : Théramène : récit de la mort d'Hippolyte
:

 

Jules Pinasseau - Campagne de Belgique - 1917Jules Pinasseau - Campagne de Belgique - 1917Jules Pinasseau - Campagne de Belgique - 1917Jules Pinasseau - Campagne de Belgique - 1917

Aquarelles de Jules Pinasseau, Campagne de Belgique, 1917

Ah Dieu ! que la guerre est jolie
Avec ses chants ses longs loisirs
Cette bague je l’ai polie
Le vent se mêle à vos soupirs

Adieu ! voici le boute-selle
Il disparut dans un tournant
Et mourut là-bas tandis qu’elle
Riait au destin surprenant

: L'Adieu du cavalier
: : Guillaume Apollinaire, Calligrammes

 

Ne crois pas que la mort en sa rigueur première
Fermât beaucoup plus d’yeux à la douce lumière.
Certes, plus d’un, surpris et, lambeau par lambeau,
Tout vif enseveli dans un vivant tombeau,
Pantelante pâture offerte aux représailles,
Voyant la dent vorace entamer ses entrailles,
Remplissait les forêts de cris désespérés.
Ceux que sauvait la fuite, à moitié dévorés,
De leurs tremblantes mains couvraient leurs noirs ulcères
Et suppliaient la mort de finir leurs misères,
Sans secours, et laissant les vers cruels tarir
Leur vie avec le mal qu’ils ne savaient guérir.
Mais on ne voyait pas, comme au siècle où nous sommes,
La guerre en un seul jour faucher des milliers d’hommes.
: : : De rerum natura de Lucrèce
Iᵉʳ siècle av. J.-C.

 

Candice et Daphnée : maquette de la future cabaneLa cabane des Crouteaux

: A quoi bon avoir une maison si l'on
n'a pas de planète acceptable où la mettre ?
: : : Henry David Thoreau :

 

Héloïse, Hermione et Alice

 

ORESTE
Quoi ? Pyrrhus, je te rencontre encore ?
Trouverai-je partout un rival que j’abhorre ?
Percé de tant de coups, comment t’es-tu sauvé ?
Tiens, tiens, voilà le coup que je t’ai réservé.
Mais que vois-je ? À mes yeux Hermione l’embrasse ?
Elle vient l’arracher au coup qui le menace ?
Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi !
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Hé bien ! filles d’enfer, vos mains sont-elles prêtes ?
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
À qui destinez-vous l’appareil qui vous suit ?
Venez-vous m’enlever dans l’éternelle nuit ?
Venez, à vos fureurs Oreste s’abandonne.
Mais non, retirez-vous, laissez faire Hermione :
L’ingrate mieux que vous saura me déchirer ;
Et je lui porte enfin mon cœur à dévorer.

Tête de Méduse - Le Caravage

Le Caravage, "Tête de Méduse", 1597.

< Aller à la page précédente